Il existe de nombreux types de pastels différents, et cela peut être perturbant quand on veut apprendre le pastel sec. Que signifient pastels tendres, pastels secs, pastels gras, pastels durs, pastels à l’huile, pastels doux… ? Certains sont synonymes. Ces termes sont relatifs à la texture ou à la composition du pastel.

types de pastels

Types de pastels : Les différences de composition

Pastels gras / Pastels à l’huile : Des synonymes

Les pastels à l’huile se présentent sous une apparence assez similaire à celle des pastels secs. Le plus souvent ils sont en forme de bâtonnets, enrobés d’un (délicieux) emballage comportant les informations habituelles des fournitures artistiques. Nom du fabricant à minima, et si on a de la chance, celui de la couleur ou au moins son numéro (référence propre à chaque fabricant). Si on a beaucoup de chance, on peut aussi y trouver les codes des pigments contenus dans le pastel.

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Comme sa dénomination l’indique, le pastel à l’huile contient de l’huile. Et on l’appelle parfois pastel « gras » en référence à la présence de ce liant adipeux. Cela peut être de l’huile de lin, d’oeillette ou de carthame. Dans le cas de notre exemple ci-dessus parmi les plus appréciés en matière de pastels gras, la marque ne communique pas sur la nature exacte de cette huile et se contente de préciser qu’elle leur confère « une onctuosité et une texture crémeuse inégalées« , ou comme on dit dans le jargon, « c’est de la bonne ».

Ils peuvent s’apparenter à de la peinture à l’huile, mais contrairement à elle ils ne vont jamais durcir. Vos tableaux réalisés aux pastels à l’huile ne seront jamais vraiment secs, ils garderont leur surface collante, nécessitant la protection d’une vitre pour ne pas devenir votre ramasse-poussière décoratif.

Mais, il est bon de préciser que tout comme la peinture à l’huile, ils peuvent se diluer avec l’ajout d’huile liquide ou d’essence, si bien sûr leur support le permet. Vous pourriez tout à fait utiliser votre médium habituel de peinture à l’huile pour faire « fondre » la matière. Pourquoi ne pas utiliser directement de la peinture à l’huile si c’est pour dissoudre votre pastel, c’est une question qui à mon humble avis mérite votre réflexion.

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Pastels secs, pastels doux : Même combat

De l’autre côté du miroir se trouvent les pastels secs. Vous l’aurez probablement deviné, par opposition aux pastels gras, ils ne contiennent pas d’huile. C’est la gomme arabique qui joue le rôle de liant. Par conséquent ces pastels-là ne sont pas diluable à l’huile, mais à leur décharge, leur estompe est très nettement facilitée par rapport à leurs homologues adipeux. En outre, il est tout à fait possible de les diluer aussi si on y tient particulièrement, il suffit pour cela de leur ajouter de l’eau, ou bien de l’alcool (nul besoin d’ouvrir votre meilleur whisky cependant, l’alcool ménager fait très bien l’affaire).

On trouve parfois la dénomination « pastels doux » au lieu de « pastels secs ». C’est exactement la même chose. Ce terme a probablement surgit dans notre vocabulaire par de mauvaises traductions de l’anglais « soft pastels » qui est le terme utilisé pour le pastel sec. De leur côté, ils ont vu surgir l’expression « dry pastels », ce qui est de bonne guerre, et la balle est au centre.

Les types de pastels secs

Les pastels secs ne sont pas tous similaires. Tout d’abord, certains sont froidement assemblés par des machines tandis que d’autres bénéficient de la délicatesse de blanches mains humaines les confectionnant avec amour.

Les pastels durs (au grand coeur)

Les machines sont des brutes, et les pastels sont fragiles. Par conséquent, les pastels industriels sont des costauds, on dit qu’ils sont « durs » car ils sont plus résistants aux chocs que les pastels artisanaux. Ce mot ne désigne pas seulement le procédé de fabrication. Il désigne également le type de touche que l’on obtient en les utilisant.

Les pastels durs ne s’effritent pas. Si on utilise leur arête, on obtient un tracé fin. Ils sont plus difficiles à estomper, car moins de pigments sont déposés. L’estompe crée donc un film léger, le papier se verra au travers du pastel.

Souvent apparentés à des pastels moins qualitatifs (puisqu’industriels), ils peuvent pourtant donner de très bons résultats. Les pastels Rembrandt sont des exemples de pastels plutôt durs d’un très bon rapport qualité/prix.

Les crayons-pastels peuvent également être considérés comme des pastels durs. Ceux-ci sont très utiles pour réaliser les détails en complément des bâtonnets. Certains artistes utilisent d’ailleurs uniquement les crayons, sans bâtonnets. En général ils font des créations très détaillées et très minutieuses.

Exemples de pastels durs : Rembrandt, carrés Conté, Nupastels, Polychromos (Attention, chez Faber Castell deux produits totalement différents se sont vu attribués le même nom : Polychromos. Il s’agit de carrés de pastels semblable aux carrés Conté, et de crayons de couleurs. Cette idée merveilleuse n’est pas du tout confusante.)

types de pastels durs

Les pastels tendres (et fragiles, mais toujours virils)

Les pastels tendres sont souvent les chouchous des pastellistes. Ils sont faits à la main, et en tant qu’artistes vous conviendrez que nous sommes sensibles à ce détail. Mais plus important encore, ils sont généreux en pigments et en matière.

Ce qui n’est pas du tout généreux, en revanche, c’est leur prix, car qui dit artisanal et pigmenté dit aussi qu’il faut aligner les billets.

La couche de pastel déposée est épaisse, ce qui permet de créer des fondus incomparables. Cela donne aussi beaucoup de profondeur à leurs couleurs.

En contrepartie, la finesse des tracés est difficile à obtenir. Bien sûr on peut les briser sévèrement d’un coup sec, ce qui aura pour effet de créer deux pastels (youpi) mais aussi, de créer des arêtes. Hélas, ils sont si tendres que ces arêtes s’arrondiront dès les premières touches. Bien sûr on pourrait les re-briser, mais nous aurions alors des quarts de pastels à manipuler avec nos doigts (parfois boudinets il faut bien le dire), ce qui rend l’opération de plus en plus périlleuse.

Exemples de pastels tendres : Schmincke, Unison, Sennelier.

Entre les pastels durs et les pastels tendres, il y a les pastels Girault. Ils sont plutôt tendres en réalité, mais leur forme très élancée leur permet d’avoir des arêtes très facilement en les cassant petit à petit. Ils ont l’inconvénient de disparaître à vue d’oeil cependant.

Les types de pastels particuliers

Les craies pastels

Elles sont carrées, mais contrairement aux carrés Conté ou aux Polychromos, elles sont plus trapues et beaucoup moins dures. Elles sont généralement très peu coûteuses. Leur accroche est souvent mauvaise (vous en aurez autant par terre ou sur votre plan de travail que sur le papier) et les couleurs peuvent paraître artificielles (si vos yeux se plissent et que votre bouche se tord en les observant c’est un signe).

On critique on critique, mais quand on débute ça permet de tester (un peu).

Les PanPastel

Ces pastels en godets sont très particuliers. On est tenté de dire qu’il n’y a pas plus tendre, puisque c’est littéralement de la poudre. Enfin, pas littéralement, car ce n’est pas de la poudre libre, disons que c’est une poudre compacte. Elle s’applique avec de petits outils prévus à cet effet qui ont la désagréable habitude de se trouer en cours d’utilisation.

Mais dans les faits, ces pastels déposent un voile très léger de matière. On peut créer des effets de transparence incroyables. Par ailleurs, la douceur de leur estompe est impressionnante, ce qui permet des sous-couches fort intéressantes.

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Dernière mise à jour : 8 avril 2024

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